Site
Dunkerque
Team
Architecte mandataire: Jakob + Macfarlane
scénographe cotraitant : masKarade
éclairagiste : Stéphanie Daniel
graphisme : Travaux Pratiques
muséographie : Laurence Chabot
Prix
deuxième place au concours en 2025
Maîtrise d’ouvrage
Ville de Dunkerque
Superficie : 2000 m²
Concours pour le Musée des beaux-arts de Dunkerque
Concours 2025
Le projet s’articule autour d’un concept spatial fort : la procession carnavalesque. L’architecture et la scénographie ne sont pas statiques mais dictées par un mouvement imaginaire qui «pousse» les volumes pour créer une rue intérieure rythmée par des «boîtes» (pavillons d’exposition) et des places sociales. Ce dispositif rompt avec la hiérarchie muséale classique pour proposer un «méta-musée» intégré au quotidien, où l’expérience culturelle s’entrelace avec la sociabilité.

La scénographie puise son esthétique dans le langage portuaire (containers, modules, infrastructures) et s’inspire de la «laisse de mer» : une ligne de mémoire flottante où les œuvres sont déposées comme des fragments d’histoire échoués sur le rivage. Ce principe favorise une déambulation non linéaire et une approche sensible plutôt que prescriptive. L’espace est modulaire et évolutif, utilisant une trame de 2×2×2 mètres pour garantir une souplesse totale des parcours.

La médiation est au cœur de la mise en scène, notamment via le «cartel multiple» qui fait dialoguer le savoir scientifique avec des regards citoyens, et des «espaces d’introduction» situés entre les boîtes. Ces seuils préparent le visiteur par un questionnement ludique et réflexif, transformant la visite en une expérience d’hospitalité émotionnelle. En résumé, la scénographie de masKarade transforme le musée en un laboratoire de bien-être, accessible et profondément ancré dans l’identité dunkerquoise.

Le labyrinthe des enfants est un espace particulièrement stimulant : il fonctionne comme un perchoir dans un arbre, une fenêtre sur l’ensemble du site. Il offre aux enfants un lieu spécifique, qui leur est dédié, tout en les reliant pleinement au reste du projet.
La structure des cubes est en bois massif, les panneaux de remplissage sont en panneaux de liège renforçant l’absorption acoustique de cet espace de jeu.
Ces dispositifs prennent place dans un espace qui serpente, reprenant le principe de la laisse de mer développé pour l’ensemble du musée. Dans ce paysage fragmentaire, les modules sont posés comme des objets échoués ou découverts : éléments d’épaves, trésors, outils ou formes inspirées des œuvres.

Ce décor souple et composite favorise une circulation libre, non linéaire, où chaque enfant peut choisir son parcours selon son âge, son état d’esprit, sa curiosité. Les modules destinés aux plus petits sont situés à une extrémité, et de manière logique les plus grands trouvent à l’autre extrémité des espaces adaptés à leur âge. Cette structure incite à l’exploration libre, à la curiosité, à l’autonomie. Elle favorise l’émergence d’un savoir sensible, construit dans l’interaction avec l’espace.
Cet espace sera conçu pour stimuler l’imaginaire, l’inspiration et la créativité, à partir des œuvres du musée.







